Retour sur avancée majeure contre la progression de Parkinson

Cette recherche, menée par l’Université Johns Hopkins, identifie un mécanisme clé dans la progression de la maladie de Parkinson et d’autres synucléinopathies (maladies liées à l’accumulation de la protéine alpha-synucléine).

1. Le mécanisme : Un duo de « serrures »

On savait déjà que la protéine LAG3 servait de récepteur (une sorte de porte d’entrée) permettant aux agrégats toxiques d’alpha-synucléine de pénétrer dans les neurones. Cependant, l’étude révèle que LAG3 ne travaille pas seule : elle s’associe à une autre protéine, APLP1 (Amyloid Beta Precursor Like Protein 1).

  • L’interaction : APLP1 et LAG3 forment un complexe à la surface des cellules.
  • L’effet : Ce complexe facilite grandement la fixation, l’internalisation et la propagation de cellule en cellule de l’alpha-synucléine pathologique.

2. Découvertes majeures

  • Blocage quasi-total : Chez des souris génétiquement modifiées pour ne posséder ni APLP1 ni LAG3, l’absorption de l’alpha-synucléine toxique est réduite de 90 %. La mort des neurones dopaminergiques et les troubles comportementaux sont pratiquement éliminés.
  • Synergie : Supprimer les deux protéines est bien plus efficace que d’en supprimer une seule, car elles dépendent l’une de l’autre pour fonctionner comme récepteurs de propagation.

3. Une piste thérapeutique concrète

L’étude a testé un anticorps anti-LAG3 (similaire à ceux déjà utilisés en immunothérapie contre le cancer, comme le mélanome).

  • Cet anticorps ne se contente pas de bloquer LAG3 : il perturbe l’interaction entre APLP1 et LAG3.
  • En brisant ce duo, l’anticorps empêche la protéine toxique d’entrer dans les cellules saines, bloquant ainsi la progression de la maladie dans les modèles animaux.

Conclusion : Cette découverte propose une cible thérapeutique très précise. Elle suggère que des traitements ciblant l’interaction APLP1-LAG3 pourraient ralentir, voire stopper, la progression de Parkinson chez l’humain.
📚 Source:
Mao, X., et al. (2024). Aplp1 interacts with Lag3 to facilitate transmission of pathologic α-synuclein | Nature Communications. Nature Communications.

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